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Indiscrétions - 15-11-2008
Bourgeois, vous nous cachez la mer !
Tracy Lord (Katharine Hepburn, divorcée depuis deux ans de C.K. Dexter Haven (Cary Grant) est à la veille de son mariage avec Georges, ancien mineur devenu patron d'usine et également ambitieux homme d'affaires.
Dexter, persona non grata au royaume des Lord, continue pourtant d'errer dans les parages et vend un reportage sur ce mariage de la haute-société à un tabloïd, Spy, reportage qui sera réalisé par un journaliste Mike (James Stewart) et une photographe, Liz (Ruth Hossey)...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce que c'est LA comédie américaine des années 40 par excellence : casting principal hallucinant (Le trio Hepburn-Grant-Stewart), seconds rôles décoiffants, dialogues aux petits oignons, liberté de ton déconcertante, mise en scène éclatante et sophistiquée... tout y est.
Le film est l'adaptation fidèle d'une pièce de théâtre écrite quasiment spécialement pour Katharine Hepburn, et ça se voit comme le nez au milieu de la figure : elle y est incandescente, tout feu tout flamme, parfois agaçante, en tout cas déterminée et parfaitement organisée... Sa volonté de tout contrôler la rend inhumaine et inaccessible : vestale, déesse, statue de pierre, elle va justement passer une bonne partie du film, poussée par les évènements et les réactions de son entourage (presque tout le monde, en fait), à démontrer qu'elle n'est pas qu'un être sans coeur, qu'un chef de famille incarnant l'ordre établi, mais au contraire, qu'elle est bien humaine et pleine de sensibilité.
La descente du piédestal n'est pas une chute brutale, ni une descente aux enfers : le plaisir, la fantaisie et le rejet des convenances l'emportent finalement, car il s'agit avant tout d'une comédie à la Cukor, utilisant avec bonheur tous les registres comiques (répétition, geste, dialogue). A cet égard, on pourra se délecter de la scène où Tracy, sa mère et sa soeur se caricaturent outrageusement pour renvoyer aux journalistes indésirables l'image qu'ils se font de le très haute société : on parle de futilités en français, on joue du piano en chantant, on se donne en spectacle, on se déplace en chaussons de danse et en tenues froufroutantes...
Le film aborde aussi, à sa façon, les inégalités sociales, ou plus exactement le fossé quasi-infranchissable entre le monde des Lord, grands bourgeois fortunés, et les petites gens, du peuple, qui se battent pour exister... et, avec l'aide d'un fort taux d'alcoolémie qui aura bien délié les langues, tout est bien qui finit bien, chacun retournera à sa place, sans autre forme de procès.
Anecdotes
Katharine Hepburn demanda à la MGM que Clark Gable interprète Dexter et Spencer Tracy jour le rôle de Mike (alors qu'elles ne les avait pas encore rencontrés).Les deux étaient pris, et finalement, Cary Grant et James Stewart furent choisis.
Katharine Hepburn n'est pas doublée lorsqu'elle plonge dans la piscine.
En huit semaines, le film fut dans la boîte et sans qu'aucune scène ne soit à nouveau tournée.
Le film a été couronné de deux Oscars : celui du meilleur scénario adapté pour Donald Ogden Stewart et Waldo Salt (non crédité) d'après la pièce de Philip Barry, et celui du meilleur acteur pour James Stewart.
Une petite citation, pour le plaisir
Macaulay Connor : my father was a history teacher.
Tracy Lord : English history has always fascinated me. Robin Hood, Cromwell, Jack the Ripper. Where did he teach ? Your father I mean.
Fiche technique
Indiscrétions (The Philadelphia story)
1940
Réalisation : George Cukor
Distribution
Cary Grant : C. K. Dexter Haven
Katharine Hepburn : Tracy Samantha Lord
James Stewart : Macaulay Connor
Ruth Hussey : Elizabeth Imbrie
John Howard : George Kittredge
Roland Young : Oncle Willie
John Halliday : Seth Lord
Mary Nash : Margaret Lord
Virginia Weidler : Dinah Lord
Henry Daniell : Sidney Kidd
Lionel Pape : Edward
Rex Evans : Thomas
Durée : 112 mn
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Un américain à Paris - 15-06-2008
Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ?
Jerry Mulligan (Gene Kelly) est un peintre au talent très très méconnu, Américain de souche, émigré à Paris. Il y mène une vie de bohème, jusqu'à sa rencontre avec Milo (Nina Foch) une riche mécène, américaine elle aussi, qui va décider de lui donner sa chance (et beaucoup plus si affinités, la coquine...). Par hasard, Jerry rencontre Lisa Bouvier (Leslie Caron), dont il devient raide dingue. Mais Lisa n'est théoriquement pas disponible car fiancée à Henri Baurel(Georges Guétary), célébrissime chanteur... Et là, c'est (presque) le drame...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
S'il fallait voir une comédie musicale réalisée par Minnelli, ce pourrait être celle-ci (Encore que j'ai aussi un sacré faible pour "Tous en scène", pur joyau, illuminé par Cyd Charisse).
Pour les décors, un Paris de carte postale, tout en carton pâte, totalement fantasmé, où d'ailleurs les figurants ont pour la plupart l'accent anglais lorsqu'ils causent la France. On retiendra par exemple la leçon d'anglais que Jerry fait aux petits parigots, à leur demande dans un français plus qu'approximatif ("Jerry, parlez anglais à nous !") !
Pour la beauté des couleurs et des costumes, l'hommage aux peintres : mention spéciale à la fresque Toulouse-Lautrec, dont la chorégraphie est splendide.
Pour Leslie Caron, dont on cherche la ressemblance avec un petit animal pendant tout le film : à la fin, on a fait son choix, ce sera le lapin... mais drôlement gracieuse et agile la bestiole.
On peut, certes, trouver Georges Guétary horripilant, mais il a une sacrée patate (et contagieuse) le monsieur !
Quant à Gene Kelly, il est... égal à lui-même, aérien mais costaud, drôle sans en faire des tonnes...
Un Américain à Paris reste un de ces incontournables de la comédie musicale : scénario quand même assez mince (mais franchement, qui s'en soucie ?), prétexte à de somptueux tableaux, qui s'accordent parfaitement avec la partition de Georges Gershwin...Comme dit la chanson, que demander de plus ?!
Anecdotes
Il a fallu un mois pour tourner la dernière séquence dansée (elle dure 17 mn), et cela coûta un demi-million de dollars.
A l'origine, ce fut Cyd Charisse qui devait interpréter Lise Bouvier, mais, enceinte, elle fut finalement remplacée par Leslie Caron, dont c'est d'ailleurs le 1er film.
Un Américain a obtenu six Oscars en 1952, dont celui du meilleur scénario (et oui...), celui du meilleur film et de la meilleure image.
Une petite citation, pour le plaisir
Jerry Mulligan : where is everyone ?
Milo Roberts : here.
Jerry Mulligan : downstairs ?
Milo Roberts : no, here in this room.
Jerry Mulligan : what about that extra girl ?
Milo Roberts : that's me.
Fiche technique
Un américain à Paris (An American in Paris)
1951
Réalisation : Vincente Minnelli
Ditribution
Gene Kelly : Jerry Mulligan
Leslie Caron : Lise Bouvier
Oscar Levant : Adam Cook
Georges Guétary : Henri Baurel
Nina Foch : Milo Roberts
Durée : 113 mn
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L'Evadé d'Alcatraz - 12-05-2008
Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !
Personne ne s'évade jamais d'Alcatraz ? Personne, c'est vite dit... Impossible est un mot qui ne fait pas partie du vocabulaire de Franck Morris (Clint Eastwood).
Et puis, comme il est un peu bricoleur, ça aide...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour la réalisation, nerveuse, sèche, qui nous plonge dans un univers carcéral glacial et inhumain. L'ambiance est oppressante, étouffante et le suspense à son comble : on frémit à l'idée que le évadés se fassent pincer, on sursaute en même temps qu'eux, on admire leur ingéniosité.
Pour Clint Eastwood, omniprésent, solide comme un roc, déterminé, diablement intelligent, sans être manipulateur. On ne sait pas trop ce qu'il a pu faire pour se retrouver en prison : on sait qu'il s'est évadé à plusieurs reprises, c'est tout. Sa présence n'en est pas moins humaine : on le sent juste rebelle et indomptable, obsédé par son désir d'évasion.
On sent qu'il cherche les failles d'un système écrasant et insupportable... et il finit par les trouver, rognant les murs de sa minuscule cellule au coupe-ongle, profitant de l'effritement de la roche sur laquelle est bâtie la forteresse réputée imprenable.
Les autres acteurs sont excellents aussi : mention spéciale à Patrick McGoohan, qui incarne un ignoble et cruel directeur de prison, dénué de toute humanité.
Anecdotes
Tourné en décors réels, le film raconte comment trois hommes réussissent à s'évader de la prison ultra-sécurisée d'Alcatraz, située sur une île dans la baie de San-Francisco.
Cette évasion qui eut lieu en 1962, fut la seule qui ait jamais réussi, même si on ne sait pas ce que sont devenus les trois hommes (ils sont toujours recherchés par le FBI).
Pendant le tournage, les touristes étaient autorisés à se rendre sur l'île : l'affluence fut telle que la plupart des scènes durent être tournées de nuit.
Ce film marque les débuts au cinéma de l'acteur Danny Glover. A noter bien sûr, la présence pour le moins marquante, de Patrick McGoohan, le fameux numéro 6 de la série culte Le Prisonnier, qui, c'est un comble, incarne cette fois le directeur de la prison.
Les scènes dangereuse d'évasion ont été tournées sans doublure : à deux reprises, le réalisateur Don Siegel crut avoir perdu ses acteurs dans les dangereux courants du Pacifique.
Une petite citation, pour le plaisir
Charley Butts : what kind of childhood did you have?
Frank Morris : short
Fiche technique
L'Evadé d'Alcatraz (Escape from Alcatraz)
1979
Réalisation : Don Siegel
Distribution
Clint Eastwood : Frank Morris
Patrick McGoohan : Warden
Roberts Blossom : Doc
Jack Thibeau : Clarence Anglin
Fred Ward : John Anglin
Paul Benjamin : English
Larry Hankin : Charley Butts
Bruce M. Fischer : Wolf
Frank Ronzio : Litmus
Fred Stuthman : Johnson
David Cryer : Wagner
Madison Arnold : Zimmerman
Durée : 107 mn
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La bête humaine - 21-04-2008
Et j'entends siffler le train...
Jacques Lantier (Jean Gabin), héritier d'une ancienne lignée de pochtrons, est mécano sur la Lison, imposante locomotive à vapeur qu'il bichonne comme une amoureuse.
En perpétuelle lutte contre des pulsions violentes que seule la Lison semble pouvoir apaiser, il manque d'occire sa cousine Flore.
Puis, il va faire la connaissance de Séverine Roubaud (Simone Simon), la femme du sous-chef de gare au Havre.
Ils vont devenir amants, mais la bête qui sommeille en lui finira par reprendre le dessus...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour se plonger dans l'univers ferroviaire, plein de bruit et de fureur, de fumée et de saleté...d'ailleurs, lorsqu'on conduit un monstre comme la Lison, le fracas est tel qu'on ne se parle pas. Quelques gestes, des sifflements pour s'interpeller... et puis, même une fois descendu du poste de conduite, on cause la plupart du temps boulot...
Pour Jean Gabin, cheminot à la fois touchant et si inquiétant, victime de ses pulsions meurtrières. Héros justicier, il est rongé par la culpabilité, qui se lit dans son regard tellement tragique et désespéré.
Pour tous ces personnages, seuls, fragiles, englués dans leur histoire, broyés par leur destin. Roubaud, sous-chef de gare jaloux et frustré, Séverine, sa femme, qui s'ennuie à mourir dans le petit appartement avec vue sur les voies ferrées, et tous les autres... La dure réalité de leur vie trop simple les rattrape au galop et tout ça finit en tragédie, à laquelle assiste, impuissant Pécqueux, l'ami fidèle et ironique.
Pour la beauté des contrastes, de la photo, de la lumière sur les visages (notamment celui de Jean Gabin et de Simone Simon, inquiétante en femme-enfant aguicheuse et désoeuvrée), qui donnent une dimension supplémentaire à ce très beau poème ferroviaire.
Anecdotes
C'est Jean Gabin, superstar de l'époque, qui demanda à être dirigé par Jean Renoir.
La Bête humaine a reçu, ex-aequo avec Le quai des Brumes, le Prix Méliès 1938.
Pour préparer le tournage, Renoir et Gabin se sont immergés dans le monde des chemins de fer. Le film est réalisé en décors naturels, et les scènes de locomotive ont été tournées en situation.
Une petite citation, pour le plaisir
Jacques Lantier : on va quand même pas tuer ce type !
Fiche technique
La bête humaine
1938
Réalisation : Jean Renoir
Distribution
Jean Gabin : Jacques Lantier
Simone Simon : Séverine Roubaud
Fernand Ledoux : Roubaud
Blanchette Brunoy : Flore
Gérard Landry : Le fils Dauvergne
Jenny Hélia : Philomène
Colette Régis : Victoire Pecqueux
Claire Gérard : Une voyageuse
Charlotte Clasis : Tante Phasie
Jacques Berlioz : Grandmorin
Tony Corteggiani : Dabadie
André Tavernier : Le juge d'instruction
Henry Roussel : Le commissaire Cauche
Marcel Pérès : Un lampiste
Jean Renoir : Cabuche
Julien Carette : Pecqueux
Durée : 98 mn
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Les Diaboliques - 23-03-2008
Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...
Il ne fait pas bon être mariée à Michel Delasalle (Paul Meurisse), tyrannique directeur d'un pensionnat pour garçons.
C'est pourtant le triste sort de Christina (Véra Clouzot), laquelle est également directrice du pensionnat. Son mari lui fout des coups, lui prend ses sous, la trompe allègrement avec Nicole Horner (Simone Signoret), enseignante au pensionnat.
Les deux femmes ont fini par devenir proches, suffisamment pour que Nicole persuade Christina qu'il est urgent de se débarrasser du sale bonhomme.
Elles ont un plan...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour l'atmosphère des films de Clouzot, sans nulle autre pareille. Méchanceté, indifférence, aigreur, cynisme, du noir, du noir, et encore du noir...
Pour les acteurs, premiers et seconds rôles : de Paul Meurisse, magistral en salaud manipulateur à Noël Roquevert, en voisin irascible (J'ai un vrai faible pour ce genre de second rôle, dans la veine de Julien Carette...), en passant par Simone Signoret, sulfureuse et machiavélique et Véra Clouzot, cardiaque au bout du rouleau... Pas de numéro d'acteur malgré ce casting grand luxe : de la sobriété, et du dépouillement.
Pour l'intrigue, qui malgré sa grande invraisemblance nous tient en haleine jusqu'au bout. L'angoisse et le malaise sont accentués par la mise en scène, la photo et la lumière, d'une beauté glaciale.
Clouzot filme une France lugubre, qui se remet finalement tout juste de la guerre : beaucoup de petites gens, qui vivent bien chichement... seuls les jeunes pensionnaires, que leurs chauffeurs convoient, semblent ignorer les fins de mois difficiles... Agressivité, aigreur, mesquinerie, jalousie, l'humanité dépeinte ici par Clouzot n'a rien de folichon et ne prête pas à la franche rigolade. Qu'importe, les Diaboliques est un beau film, oppressant, qui a assurément marqué son époque.
Anecdotes
Ce film est adapté d'un roman de Boileau-Narcejac, qui pour ceux qui l'ignoreraient n'est pas un écrivain, mais deux, M. Boileau à ma gauche et M. Narcejac à ma droite. D'ailleurs, emballé par le film, Alfred Hitchcock leur demanda un scénario du même acabit : ils pondirent Sueurs froides.
Michel Serrault tient ici son premier rôle. En outre, on compte deux jeunes figurants pour le moins connus : Georges Poujouly (Michel de Jeux interdits) et notre Johnny Hallyday national. A noter aussi, jouant un des élèves, un certain Yves-Marie Maurin, frère de Patrick Devaere.
Un remake fut tourné en 1996, Diabolique (film) avec Isabelle Adjani et Sharon Stone, et fit un vrai bide. Comme quoi, n'adapte pas Boileau-Narcejac qui veut...
Aucune musique pendant le film, exception faite celle des génériques de début et de fin, soit 2 minutes 21 secondes !
Une petite citation, pour le plaisir
M. Drain : je suis peut-être un affreux réactionnaire mais je trouve cette intimité stupéfiante. La femme légitime séchant les larmes de la favorite. Allons. Non, non et non !
Fiche technique
Les Diaboliques
1955
Réalisation : Henri-Georges Clouzot
Distribution
Simone Signoret : Nicole Horner
Véra Clouzot : Christina Delassale
Paul Meurisse : Michel Delassalle
Charles Vanel : Le commissaire Fichet
Pierre Larquey : Monsieur Drain
Michel Serrault : Le surveillant
Jean Brochard : Plantiveau
Noël Roquevert : Herboux
Georges Chamarat : Le médecin
Thérèse Dorny : Mme Herboux
Aminda Montserrat : Mme Plantiveau
Madeleine Suffel : la dégraisseuse
Jean Témerson : le garçon d'hôtel
Jacques Hilling : l'employé de la morgue
Robert Dalban : le garagiste
Jacques Varennes : le professeur
Georges Poujouly : un élève
Yves-Marie Maurin : Le jeune Moynet
Jean Lefebvre : Le 2ème classe
Camille Guérini : le photographe
Henri Coutet : l'employé de la morgue
Henri Humbert : le jeune Patard
Johnny Hallyday : un élève
Durée : 114 mn
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Les Trois jours du condor - 05-02-2008
Et le condor passa...
Joseph Turner (Robert Redford) est payé pour bouquiner. Tout ce qui passe. Mais son patron qui n'est pas fana de littérature, loin de là, n'est pas un patron ordinaire : son boss c'est la CIA. Il dépieute et passe au crible moult romans pour y détecter d'éventuelles fuites et complots en tout genre.
Et ses lectures vont l'amener à mettre à jour un réseau clandestin sur lequel il aurait mieux fait de fermer les yeux...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour le scénario, sacrément bien ficelé, qui nous plonge dans une atmosphère de paranoïa intense, une ambiance post-Watergate qui donne la chair de poule.
Pour les acteurs, des pointures : Robert Redford, en héros incrédule qui veut sauver sa peau tout en faisant éclater la vérité au grand jour, Faye Dunaway, qui se trouve embarquée malgré elle dans de vrais emmerdements, mais qui semble finalement y prendre goût, Max Von Sydow en tueur implacablement professionnel et méthodique...
Pour voir un film d'espionnage, un vrai, sans gadgets (à part quelques très gros ordinateurs et un peu de bidouille sur les fils du téléphone) ni héros bling-bling tombeur de ces dames (même si notre Robert, il emballe vite fait Faye), à l'intensité dramatique très élevée.
Et puis, accessoirement, pour s'acclimater avec un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître): on est en pleines 70's. Ce qui veut dire que les gens peuvent allumer des clopes au restau ou au bureau, tapent sur de drôles de claviers, utilisent des téléphones insensés, ont des ordinateurs géants (et bruyants...), portent des habits vilains, et que la Grosse Pomme arbore fièrement ses Twins towers. La musique (du générique notamment) est également assez affreuse, mais ça donne un charme comme on dit (et puis, il faut voir la typo du générique, plus 70's tu meurs !).
Anecdotes
Le film est l'adaptation du roman presque éponyme de James Grady, "Six days of the condor" (il a perdu 3 jours en passant au cinéma, allez donc savoir pourquoi...).
Une petite citation, pour le plaisir
Joe Turner : listen. I work for the CIA. I am not a spy. I just read books ! We read everything that's published in the world. And we... we feed the plots - dirty tricks, codes - into a computer, and the computer checks against actual CIA plans and operations. I look for leaks, I look for new ideas... We read adventures and novels and journals. I... I... Who'd invent a job like that ?
Fiche technique
Les 3 jours du condor (Three days of the condor)
1975
Réalisation : Sidney Pollack
Distribution
Robert Redford : Joseph Turner / The Condor
Faye Dunaway : Kathy Hale
Cliff Robertson : J. Higgins
Max von Sydow : G. Joubert
John Houseman : Mr. Wabash
Addison Powell : Leonard Atwood
Walter McGinn : Sam Barber
Tina Chen : Janice Chon
Michael Kane : S.W. Wicks
Durée : 117 mn
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Le Lauréat - 20-01-2008
And here's to you Mrs Robinson, Jesus loves ou more than you wil know, wo wo wo...
Benjamin Braddock (Dustin Hoffman), fraîchement et brillamment diplômé, retourne chez ses parents du côté de Los Angeles pour les vacances.
Il s'emmerde ferme. Le désoeuvrement le conduit à fréquenter secrètement mais assidument Mrs Robinson (Anne Bancroft), la femme de l'associé de son père.
Les parents de Benjamin voyant leur rejeton glander toute la journée (et sortir toute la nuit, mais ils ne savent pas où...) lui mettent la pression pour qu'ii invite Elaine (Katharine Ross) à sortir. Il finit par s'exécuter, à contre-coeur, mais tombe amoureux d'Elaine... et c'est là que ça se corse...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Benjamin Braddock vit dans un milieu on ne peut plus conformiste, celui des classes aisées blanches de l'Amérique de la fin des années 60, dans une société déchirée entre libération sexuelle et puritanisme exacerbé.
Du coup, ses parents lui laissent vivre sa vie, mais rêvent qu'il se trouve quand même une gentille petite à marier.
Dustin Hoffman, qui avait 30 ans à l'époque (et en paraît vraiment 10 de moins) incarne à la perfection ce jeune héros anti-conformiste, tellement mal à l'aise parfois qu'il en émet des petits sons aigus, des petites plaintes gutturales lorsqu'il est face à Mrs. Robinson (dont on ne connaît pas le prénom, comme tous les personnages plus âgés du film d'ailleurs, ce qui accentue un peu plus le gap générationnel...).
Il morfle le petit Ben, ne se sent jamais à sa place, où qu'il soit, n'arrivant pas à se faire entendre par des gens, qui de toutes façons n'écoutent rien... Seule la présence d'Elaine (Katharine Ross, somptueuse et lumineuse) le rassure un peu...
Le montage est excellent, tout comme les acteurs, et la bande-son n'est pas mal non plus, sauf si on est irrémédiablement allergique à Simon et Garfunkel.
A l'époque le film choqua paraît-il, car décrivant les amours adultères d'une femme mûre et d'un homme jeune, mais plut aussi beaucoup.
Il ne choque plus aujourd'hui, mais reste fascinant, prenant, original. Et en plus de tout, ça finit vachement bien.
Anecdotes
Pas mal d'acteurs et d'actrices furent pressentis pour jouer dans le film, dont Ava Gardner et Judy Garland pour Mrs. Robinson, ou encore Ronald Reagan pour Mr. Braddock.
Anne Bancroft et Dustin Hoffman sont sensés avoir 20 ans d'écart : en réalité, ils ont seulement 6 ans de différence d'âge.
La fameuse jambe féminine de la photo de l'affiche n'appartient pas à Anne Bancroft, mais à linda Gray, alors inconnue au bataillon, mais qui incarnera plus tard Sue Ellen, dans Dallas.
La chanson "Mrs. Robinson" n'a pas été écrite spécialement pour le film : elle existait avant et s'appelait alors "Mrs Roosevelt" (et causait d'Eleanor Roosevelt).
Une petite citation, pour le plaisir
Benjamin : listen to me. What happened between Mrs. Robinson and me was nothing. It didn't mean anything. We might just as well have been shaking hands.
Mr.Robinson : shaking hands? Well, that's not saying much for my wife, is it?
Fiche technique
Le Lauréat (The Graduate)
1967
Réalisation : Mike Nichols
Distribution :
Dustin Hoffman : Benjamin Braddock
Anne Bancroft : Mrs. Robinson
Katharine Ross : Elaine Robinson
William Daniels : Mr. Braddock
Murray Hamilton : Mr. Robinson
Durée : 105 mn
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West Side Story - 16-12-2007
Mais que fait la police ?
A la fin des années 50 dans l'Upper West Side, quartier pas très très huppé de Manhattan, deux bandes de djeuns se disputent le territoire : à ma gauche les Jets, d'origine irlandaise, italienne et polonaise. A ma droite, les rivaux : les Sharks, Portoricains (et fiers de l'être).
Et quelle mouche va donc piquer Tony, ancien chef des Jets, en pleine rédemption (par le travail) qui ne va rien trouver de mieux à faire que de tomber amoureux de Maria, fraîchement débarquée de son île ?
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour Natalie Wood, lumineuse, ingénue, assez nunuche sur les bords, mais pleine de grâce, et tellement touchante (et puis personnellement, je suis fan de son accent espagnol et de ses jupons froufroutants...).
Pour Georges Chakiris, qui se la pète pas mal en portoricain (qu'il n'est pas) mais qui danse drôlement bien (même s'il transpire sous les bras).
Pour quelques acteurs qu'on retrouvera avec délectation bien des années plus tard dans la version TV (l'originale, donc) de Twin Peaks.
Pour la musique de Bernstein, les chorégraphies de Jerome Robbins et pour la mise en scène, parfois à couper le souffle de Robert Wise.
West Side Story n'est assurément pas dans la lignée des comédies musicales des décennies précédentes.
Exit les bluettes sucrées et la légèreté, et bonjour le réalisme et la violence : on plonge dans un quartier miteux, on traverse des parkings mal éclairés, on cotoye la misère sociale... le sujet ne prête pas à la franche rigolade, et la tension est forte, jusqu'au tragique dénouement final : le tout a un peu vieilli, mais ce serait dommage de se priver d'une oeuvre pareille.
Anecdotes
Le film a reçu 10 oscars, rien que ça.
A l'origine, c'était Elvis Presley qui devait incarner Tony. De plus, le script original décrivait une histoire d'amour contrariée entre un gars catholique qui tombait amoureux d'une juive, et se déroulait dans l'East Side. Le film se serait appelé "East Side Story".
Les séquences d'ouverture ont été filmées sur l'actuel emplacement du Lincoln Center, juste avant que les immeubles anciens ne soient démolis. D'ailleurs, la démolition fut retardée, le temps que les scènes soient dans la boîte.
Une petite citation, pour le plaisir
Lieutenant Schrank : all right, wise guys. Now you listen to me. All of ya! You hoodlums don't own these streets. And I've had all the roughhouse I'm gonna put up with around here! You wanna kill each other, kill each other! But you ain't gonna do it on my beat. Are there any questions?
Bernardo : yes sir. Would you mind translating that into Spanish?
Fiche technique
West Side Story (1961)
Réalisation : Jerome Robbins et Robert Wise
Distribution
Natalie Wood : Maria
Richard Beymer : Tony
Russ Tamblyn : Riff
Rita Moreno : Anita
George Chakiris : Bernardo
Suzie Kaye : Rosalia
Simon Oakland : Lieutenant Schrank
Ned Glass : Doc
William Bramley : Officer Krupke
Tucker Smith : Ice
Tony Mordente : Action
José De Vega : Chino
Yvonne Wilder : Consuelo
Joanne Miya : Francisca
Durée : 146 mn
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Quai des brumes - 11-11-2007
Pas de dissipation des brouillards matinaux...
Jean (Jean Gabin), soldat de la Coloniale se retrouve au Havre. On comprend vite qu'il cherche à fuir, hanté par ses souvenirs de guerre au Tonkin. Il va croiser sur son chemin des gens (et un chien collant) plus ou moins recommandables...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour se rendre compte que ce film ne se résume pas à sa réplique culte (le fameux, "t'as de beaux yeaux, tu sais"), loin de là. On peut légitimement le trouver beaucoup trop noir et carrément désespérant. Et dès les premiers plans, dès les premiers mots échangés au compte-gouttes entre Jean, taciturne, solitaire, désabusé (mais d'une humanité si touchante) et le chauffeur du camion, on sent bien que ce film ne sera que malheur, un malheur épais, glacial et inéluctable.
Pour la brochette d'acteurs, des premiers aux seconds rôles... des gueules qu'on oublie pas, des regards perdus dans le vide : tous ont un point commun, ils attendent la mort ou vont même à sa rencontre. Aucune issue heureuse à l'horizon, semble-t-il et tout le monde s'y résigner.
Pour l'atmosphère lugubre, mélancolique mais tellement poétique : pavés mouillés, réverbères faiblards, docks déserts, paquebots mugissants, ajoutent une couche supplémentaire au malheur et à la solitude des coeurs et des âmes.
Anecdotes
Jean Gabin, très impressionné par Drôle de drame, qu'il avait vu au cinéma en 1937, demanda à son agent de contacter Marcel Carné, qui avait alors 29 ans et était un quasi-inconnu. Gabin demanda à Carné s'il avait un sujet à lui proposer et sans se démonter, le jeune réalisateur proposa d'adapter Quai des Brumes, roman de Mac Orlan.
Pierre Brasseur se prend une vraie paire de claques par Jean Gabin, qui lui en voulait particulièrement pour avoir critiqué Michèle Morgan sur le tournage.
Une petite citation, pour le plaisir
Zabel : qu'est-ce qu'ils ont tous à parler d'amour, est-ce qu'il y a quelqu'un qui m'aime, moi ?
Fiche technique
Quai des brumes
1938
Réalisation : Marcel Carné
Distribution
Jean Gabin : Jean, le déserteur
Michèle Morgan : Nelly, la jeune fille sous tutelle
Michel Simon : Zabel, le tuteur de Nelly
Pierre Brasseur : Lucien Le Gardier, chef de bande
Édouard Delmont : Panama, le patron de l'auberge
Aimos : Quart-Vittel
Robert Le Vigan : Michel Krauss, le peintre
René Génin : Docteur Mollet
Marcel Pérès : Le chauffeur du camion
Jenny Burnay : Une fille, amie de Lucien
Roger Legris : Le garçon d'hôtel
Claude Walter : "L'orphelin"
Raphaël : Bébé, le deuxième complice
Durée : 91 mn
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Le ciel peut attendre - 30-10-2007
L'enfer, c'est les autres ?
Henry Van Cleve (Don Ameche) vient de rendre son dernier soupir : persuadé qu'il est voué aux flammes de l'enfer, il descend directement voir son Excellence le diable (Laird Cregar, très smart, hein, le diable, un super jeu de sourcils et une barbichette taillée au petit poil...) pour qu'il l'expédie fissa encore plus bas. Le maître des lieux n'a cependant pas eu le temps d'étudier le dossier du candidat et lui demande de lui raconter son histoire...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour une galerie de personnages hauts en couleurs et pas piqués des vers : mère et grand-mère omniprésentes et hystériques, trucculent grand-père, père à la fois à cheval sur les conventions mais compréhensif, en passant par une hallucinante et délurée employée de maison française (Signe Hasso, parlant français avec un accent suédois à couper au couteau), cousin qui réussit sauf sa vie amoureuse, domestiques ayant la langue bien pendue...
Pour voir un film avec Gene Tierney, si on en n'a jamais vu avant, même si ce n'est certainement pas son plus beau rôle (On la préfèrera, plus sombre et mystérieuse, en Mme Muir ou en Laura).
Pour s'acclimater avec Lubitsch, si on ne connaît pas, si on n'aime pas trop le noir et blanc (pourquoi pas ?!), et si on n'a pas vu les films majeurs (et quand même assez incontournables) que sont To be or not to be, The shop around the corner ou encore Ninotchka.
Et au bout du compte, Lubitsch, on ne s'en lasse pas, quand bien même celui-ci n'atteint pas la virtuosité des autres. Le charme, l'humour, la légèreté y sont, alors s'il s'agit au fond d'un film sur la difficulté de vivre, le dilemme permanent entre le désir de rentrer dans le rang et la soif de liberté...
Anecdotes
Dernier film de Lubitsch, tourné entièrement en Technicolor (et ça se voit !). A noter à la toute fin du générique, une pub pour promouvoir l'achat des "bons de guerre", destinés à soutenir l'effort de guerre de l'administration de Roosevelt.
Ce film ne doit pas (absolument pas !) être confondu avec celui réalisé et interprété par Warren Beatty, lequel date de 1978 et n'est en rien un remake de celui de Lubitsch (ouais, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, même si personnellement, je n'ai rien contre Warren Beatty).
Iron Maiden, groupe de heavy metal a composé en 1986 une chanson intitulée "Heaven Can Wait" en hommage au film.
Une petite citation, pour le plaisir
Henry Van Cleve : Martha if I hadn't met you I'd hate to think where I'd be now.
Martha : Probably outside some stage door. Or even in the dressing room.
Fiche technique
Le ciel peut attendre (Heaven can wait)
1943
Réalisation : Ernst Lubitsch
Distribution :
Gene Tierney : Martha
Don Ameche : Henry Van Cleve
Charles Coburn : Hugo Van Cleve
Marjorie Main : Mrs. Strabel
Laird Cregar : « Son Excellence » le Diable
Spring Byington : Bertha Van Cleve
Allyn Joslyn : Albert Van Cleve
Eugene Pallette : E.F. Strabel
Signe Hasso : Mademoiselle
Louis Calhern : Randolph Van Cleve
Durée : 148 mn
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Hôtel du Nord - 26-09-2007
Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
Le long du Canal Saint-Martin à Paris, rendez-vous à l'Hôtel du Nord, patrons et clients sont réunis à table pour fêter une communion.
Entrent Pierre (Jean-Pierre Aumont) et Renée (Anabella), deux jeunes amoureux tristes à pleurer, qui viennent y louer une chambre pour se suicider.
Leur voisin de chambre est un certain M. Edmond (Louis Jouvet) a fui son milieu et habite avec Mme Raymonde (Arletty)...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour deux acteurs monumentaux qui se font face, s'affrontent, se défient : à ma gauche, Arletty (Raymonde), gouailleuse et agitée, à ma droite, Louis Jouvet (Edmond ou Robert) stoïque et sombre... et ils n'en font même pas des tonnes, bien que les répliques fusent, avec un accent parigot à couper au couteau.
Et il n'y a pas que M. Edmond et Mme Raymonde : tous les autres acteurs sont magnifiques, du couple de patrons de l'hôtel, en passant par l'éclusier donneur de sang (et cocu) et bien sûr le couple suicidaire et désespéré qui vient tenter de finir ses jours à l'Hôtel (même si on peut le trouver un rien culcul-la praline et grandiloquent).
Pour la mélancolie lancinante, l'intensité mélodramatique et le pessimisme ambiants, parfois entrecoupés de toutes petites lueurs d'espoir, de bonne humeur et d'insouciance (mais la noirceur revient toujours au triple galop...).
Pour la poésie ambiante, la lumière superbe, et les décors, magnifique reconstitution des bords du Canal Saint-Martin.
Et aussi pour cette fameuse atmosphère, celle de juste avant le chaos de la Seconde guerre mondiale, immortalisée à jamais par le maître Carné...
Anecdotes
La quai-totalité du film a été tournée aux studios de Billancourt où l'hôtel du Nord et le canal Saint-Martin ont entièrement été reconstitués par Alexandre Trauner.
François Périer tient dans ce film son premier rôle au cinéma. Il avait 19 ans.
Une petite citation, pour le plaisir
Raymonde : pourquoi qu'on part pas pour Toulon ? Tu t'incrustes, tu t'incrustes. Ça finira par faire du vilain.
Edmond : et après ?
Raymonde : oh, t'as pas toujours été aussi fatalitaire...
Edmond : ... fataliste.
Raymonde : si tu veux, le résultat est le même. On n'est pas heureux tous les deux ?
Edmond : nan.
Raymonde : t'en es sûr ?
Edmond : oui.
Raymonde : t'aimes pas not' vie ?
Edmond : tu l'aimes, toi, not' vie ?
Raymonde : faut bien, je m'y suis habituée. Parfait, on se dispute mais au lit on s'explique et sur l'oreiller on s'comprend. Alors ?
Fiche technique
Hôtel du Nord
1938
Réalisation : Marcel Carné
Distribution
Annabella : Renée, la fiancée de Pierre
Arletty : Mme Raymonde, la prostituée
Louis Jouvet : M. Edmond, le protecteur de Mme Raymonde
Jean-Pierre Aumont : Pierre, le fiancé de Renée
André Brunot : Émile Lecouvreur, le patron de l'hôtel
Jane Marken : Louise Lecouvreur, la patronne de l'hôtel
Paulette Dubost : Ginette Trimaux, la femme de Prosper
Bernard Blier : Prosper Trimaux, éclusier et donneur de sang
François Périer : Adrien, un client de l'hôtel
Henri Bosc : Nazarède, un truand qui recherche M. Edmond
Marcel André : le chirurgien
Raymone : Jeanne, la femme de ménage
Génia Vaury : L'infirmière
Andrex : Kenel, un habitué de l'hôtel
René Bergeron : Maltaverne, le gendarme
Jacques Louvigny : Munar, un habitué de l'hôtel
Durée : 95 mn
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Le dernier métro - 02-08-2007
Bon alors, l'amour, en définitive, c'est une joie ou une souffrance ?
Paris 1942. Lucas Steiner (Heinz Bennent) le directeur du théâtre Montmartre a dû quitter la France (mais en fait pas vraiment), et c'est sa femme, Marion (Catherine Deneuve) qui assure l'intérim d'une main de fer. Une étrange pièce norvégienne (mais en fait pas vraiment ?), la Disparue, est mise en scène par Jean-Loup Cottins (Jean Poiret) sous nos yeux. Tout le joyeux (mais en fait pas vraiment) petit monde du théâtre s'y attelle avec passion.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour prendre un cours de chignons compliqués en regardant les coiffures de Catherine Deneuve, savants assemblages capillaires dont on se demande comment ils peuvent tenir sur la tête sans s'effondrer... mais Catherine Deneuve incarne aussi Marion à la perfection, radieuse, énergique, sérieuse, féminine et secrète (et en plus, on comprend tout ce qu'elle dit).
Pour voir un film (le seul ?) dans lequel Gérard Depardieu n'en fait pas des tonnes (pour un peu, on pourrait même aller jusqu'à affirmer que c'est son meilleur rôle...).
Pour tous ces seconds rôles, pléthore d'excellents acteurs qui campent des personnages parfois complexes, en tout cas souvent forts en gueule, mystérieux, voire ambigüs. Tout ce petit monde se cotoye, se trahit (un peu), s'engueule, sympathise, s'aime...
Pour l'ambiance sinistre de Paris sous l'Occupation : c'est un peu comme si on feuilletait un album plein de photos jaunies... pas de couleurs vives, du sépia, du rouge passé, du gris poussiéreux, quelques touches de couleur au détour d'une rue (un soldat qui peint le Sacré-Coeur, le petit garçon aux cheveux roux flamboyants qui arrose consciencieusement ses plants de tabac...). C'est la pénombre qui domine, pendant une bonnne partie du film, où les scènes de jour se comptent presque sur les doigts de la main, accentuant ainsi l'impression d'être en période de guerre. Du coup, qui dit pénombre, dit jeux d'ombres et de lumière, et somptueux gros plans sur les visages, celui de Catherine Deneuve notamment.
Le Dernier métro reprend des thèmes chers à Truffaut, illusion et faux-semblants, tortueux destins amoureux, déjà abordés dans Jules et Jim (une femme et deux hommes) et dans la Nuit américaine (l'oscillation entre la fiction et la réalité, le spectacle dans le spectacle), dans un contexte différent, dramatique et sombre.
Et donne l'occasion d'entendre la version originale de "Mon amant de Saint-Jean" chantée par Lucienne Delyle pour ceux qui ne connaîtraient que la reprise pâlichonne de Patriiiick Bruel.
Anecdotes
C'est François Truffaut qui donna à Sabine Haudepin son premier rôle au cinéma, 18 ans auparavant dans Jules et Jim.
Dans une des scènes de la cave, on aperçoit un technicien preneur de son dans un coin (pas bien caché, donc...).
Une petite citation, pour le plaisir
Lucas : dites-moi, elle est belle, ma femme ?... Je vais vous poser une question, Bernard, elle, elle est amoureuse de vous, mais vous, est-ce que vous l'aimez ?
Fiche technique
Le Dernier Métro
1980
Réalisation : François Truffaut
Distribution
Catherine Deneuve : Marion Steiner
Gérard Depardieu : Bernard Granger
Heinz Bennent : Lucas Steiner
Jean Poiret : Jean-Loup Cottins
Andréa Ferréol : Arlette Guillaume
Paulette Dubost : Germaine Fabre
Sabine Haudepin : Nadine Marsac
Jean-Louis Richard : Daxiat
Maurice Risch : Raymond Boursier
Richard Bohringer : le gestapiste
László Szabó : Lieutenant Bergen
Durée : 130 mn
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Les enchaînés - 19-06-2007
Et un petit café, un !
Alicia Huberman (Ingrid Bergman) a une hérédité sacrément chargée : son père est un espion allemand, condamné à vingt ans de prison au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Pour tout dire, les nazis, Alicia, elle s'en cogne : elle est un genre de Paris Hilton de la côte Est. Elle enchaîne les conquêtes presque aussi vite que les margharitas.
Les services secrets, par l'entremise de T.R. Devlin (Cary Grant) la contactent pour une mission au Brésil, qu'elle accepte, bien que pas spécialement patriote : là-bas, elle doit infiltrer une bande d'ex-nazis, dont le chef est Alexander Sebastian (Claude Rains)...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Tout a été dit, ou presque sur ce film brillamment ficelé : couple mythique, superbe photo, scénario au poil...
N'empêche, c'est vrai qu'Ingrid Bergmann a un côté fascinant, incarnant un genre de Mata-Hari en désintoxication (et aussi un peu sur le chemin de la rédemption) et ce bien qu'elle porte des chapeaux et des coiffures ridicules, il faut l'admettre.
Qu'importe, elle attire le regard et la lumière et les gros plans sur son visage sont somptueux, traduisant sa grande vulnérabilité.
Et puis Cary Grant n'est pas mal non plus, dans le genre ténébreux, espion imperturbable et toujours professionnel, un rien guindé dans son costume, mais aussi drôlement amoureux, prêt à tout pour sauver la peau de sa belle.
L'un et l'autre passent une bonne partie du film à s'attendre, à se mettre à l'épreuve, tous deux souhaitant ardemment que l'autre bouge d'un millimètre, voire laisse transparaître un peu d'émotion...
Bien sûr, il y a aussi ce trèèèèèèèèès long baiser, qu'il a fallu entrecouper de dialogues pour ne pas subir la censure et être accusé d'obscénité.
Il y a aussi d'extraordinaires et sophistiqués mouvements de caméra, qui alternent avec des plans fixes, tout simples pour faire passer les dialogues au premier plan. Hitchcock excelle dans ce genre d'exercice, on est pas maître du suspense pour rien.
Et, last but not least, n'oublions pas la galerie de portraits des méchants, une meute de gars aux gueules patibulaires ainsi qu'une belle-mère drôlement possessive et jalouse (qui fume au lit).
Anecdotes
Le producteur David O. Selznick voulait Vivien Leigh pour jouer le rôle d'Alicia. Ce fut finalement Ingrid Bergman.
Claude Rains qui n'était pas très grand, joua plusieurs scènes perché sur une boîte, pour dépasser Ingrid Bergmann. D'ailleurs, il a également l'air aussi grand que Cary Grant, qui faisait à peu près 20 cm de plus que lui.
Hitchcock apparaît furtivement à la 60ème minute du film, pendant la réception chez les Sebastian.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Alicia : why should I ?
Devlin : patriotism.
Alicia : that word gives me a pain.
Fiche technique
Les enchaînés (Notorious)
1946
Réalisation : Alfred Hitchcock
Distribution
Ingrid Bergman : Alicia Huberman
Cary Grant : T.R. Devlin
Claude Rains : Alexander Sebastian
Louis Calhern : Paul Prescott
Leopoldine Konstantin : la mère de Sebastian
Reinhold Schünzel : Dr. Anderson
Moroni Olsen : Walter Beardsley
Ivan Triesault : Eric Mathis
Durée : 101 mn
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La nuit américaine - 10-06-2007
Et ta mère, elle est magique ?
"Je vous présente Paméla" est tourné aux studios de la Victorine à Nice, réalisé par Ferrand (François Truffaut), (plus ou moins) épaulé par toute une équipe d'acteurs et de techniciens...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour comprendre que tourner un film, c'est une sacrée paire de manches : entre les pépins techniques, les coups de gueule du producteur et les états d'âme d'acteurs aux égos surdimensionnés et/ou ayant une propension à biberonner dès le petit déjeuner, il faut s'accrocher.
C'est d'ailleurs ce que fait le réalisateur, Ferrand (François Truffaut), qui y croit, tout simplement parce que comme il le dit à Alphonse (Jean-Pierre Léaud) sans son travail, sans le cinéma, il n'est rien.
D'ailleurs, le cinéma est en lui et vient hanter ses rêves chaque nuit...
Les actrices sont lumineuses, fragiles, conquérantes (et totalement barrées pour certaines)... tout ça à la fois... D'ailleurs, Nathalie Baye y fait une de ses premières apparitions à l'écran : toute jeunette et affublée de grosses binocles, elle lance un défi, et pas des moindres à Bernard Menez (et oui...), accessoiriste un peu bricoleur, un genre de Géo Trouvetout (sans bec).
Pour s'acclimater au cinéma de la Nouvelle vague, on peut commencer par celui-là, très accessible, filmé presque comme un documentaire, avec réalisme, grande simplicité et pas mal de fraîcheur.
N'y allons pas par quatre chemins, on peut d'emblée détester ou adorer : la voix-off un peu monocorde du réalisateur, les obsessions du jeune premier, Alphonse, qui souffre de ne pas être aimé ou pas comme il voudrait, les angoisses existentielles des uns et des autres, peuvent fasciner ou irriter. On peut aussi être dérouté par cette splendide mise en abyme (le film dans le film) et par ce mélange entre la vie réelle et les rôles des acteurs... quoi qu'il arrive, la Nuit américaine ne laisse pas indifférent...
Anecdotes
le titre du film fait référence à une technique cinématographique, qui consiste à filmer des séquences de jour alors qu'elles sont censées se dérouler la nuit, ce grâce à l'ajout d'un filtre et/ou à une sous-exposition.
La scène où le chat vient boire le lait du plateau de petit-déjeuner est inspirée de "la Peau douce", autre film de Truffaut, datant de 1964.
Lorsque Ferrand reçoit l'appel de Georges Delerue (le compositeur de la BO de "Je vous présente Paméla" et de "la Nuit américaine" !), la musique qu'il lui fait écouter par téléphone est celle de Deux anglaises et le continent, autre film de Truffaut tourné en 1971.
Séverine (Valentina Cortesa)utilise des sortes d'antisèches, avec les dialogues écrits dessus, qu'on lui colle ça et là sur les murs. Ca ne marche pas très bien. Mais François Truffaut utilisa avec succès ce petit truc lorsqu'il joua dans "Rencontres du 3ème type", car il avait du mal à mémoriser ses répliques en anglais.
Une petite citation, pour le plaisir
Bertrand : Vous savez, pour gagner de l'argent de nos jours, il faut être dans l'immobilier, pas dans le cinéma !
Joëlle : mais moi pour un film je pourrais quitter un type, mais pour un type je pourrais jamais quitter un film !
Fiche technique
La nuit américaine
1973
Réalisation : François Truffaut
Distribution
Jacqueline Bisset : Julie
Jean-Pierre Léaud : Alphonse
Jean-Pierre Aumont : Alexandre
Valentina Cortese : Séverine
François Truffaut : Ferrand
Dani : Liliane
Alexandra Stewart : Stacey
Nathalie Baye : Joëlle
Jean Champion : Bertrand
Nike Arrighi : Odile
David Markham : le docteur Nelson
Bernard Menez : Bernard (l'accessoiriste)
Jean-François Stévenin : Jean-François (1er assistant réalisateur)
Xavier Saint-Macary : Xavier
Durée : 112 mn
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Manhattan - 30-05-2007
New-York, New-Yoooooork, tatatadada, tatatadada...
Isaac Davis (Woody Allen) écrit des sketches comiques pour la télévision. En vrai, il voudrait écrire un roman, mais n'y arrive pas. Gravement flippé, désabusé, il est aussi deux fois divorcé, Jill (Meryl Streep) sa dernière femme l'ayant d'ailleurs quitté pour une femme, ce qui n'arrange rien, surtout qu'elle est sur le point de publier le récit de son mariage raté avec Isaac.
Il a une petite copine de 17 ans (bientôt 18 !), Tracy (Mariel Hemingway) et quelques amis, dont Yale (Michael Murphy) mari presque fidèle pendant des lustres, mais qui vient de rencontrer Mary (Diane Keaton) avec laquelle ça semble sérieux.
Mais le hic, c'est qu'Isaac aussi, tombe amoureux de Mary...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Pour le noir et blanc, sublime, qui magnifie la Grosse Pomme, la rendant encore plus désirable et vertigineuse.
Hommage vibrant s'il en est, à la ville qui ne dort jamais, déclaration d'amour à la vie à la mort à cette ville insaisissable, multiformes, changeante, inaccessible, le film s'ouvre sur une succession de vues de New-York, un genre de kaléidoscope sans couleurs, sur fond musical et avec la voix off d'Isaac-Woody, qui jette les premières lignes de son roman. Impossible pour Isaac de dire d'une seule manière, pourquoi et à quel point cette ville lui colle tant à la peau, de la portraitiser. Il l'aime à peu près autant qu'elle lui file entre les doigts.
Impossible aussi de savoir vraiment qui est qui : on navigue entre fiction et réalité, la marotte de Woody Allen, avec d'omniprésentes références à sa vie personnelle...
Pour la photo et la lumière, magnifiques, les jeux d'ombres chinoises, les visages filmés souvent en gros plan, empreints de douceur, de gravité, parfois aussi de souffrance qui affleure derrière les sourires.
Pour le portrait au vitriol de ces cercles d'intellos new-yorkais, bavards, snobs, prétentieux, centrés sur eux-mêmes, solitaires, immatures, et fondamentalement malheureux. On nage en pleine névrose, on baigne dans la psychanalyse, on cotoie aussi une humanité en dérive affective.
Pour les dialogues subtilement drôles, dont chacun reste un bijou de cynisme et d'humour purement « allennien ».
S'il ne fallait en voir qu'un seul, ce serait celui-là, sans aucune hésitation !
Anecdotes
Woody Allen sortait à l'époque avec une jeune femme, Stacey Nelkin, qui fréquentait la High School New York's Stuyvesant, et lui inspira le personnage de Tracy.
Le film a entièrement été tourné en décors naturels, extérieurs comme intérieurs. D'ailleurs, il se termine sur la vue d'une enseigne au néon, Elaine's, un des lieux de prédilection du réalisateur.
Pour élargir la perspective sur la ville, le film a été tourné en Cinémascope (format 2:35).
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Isaac Davis : I think people should mate for life, like pigeons or Catholics.
Mary Wilke : I guess I should straighten my life out, huh ? I mean, Donnie my analyst is always telling me...
Isaac Davis : you call your analyst Donnie ?
Mary Wilke : yeah, I call him Donnie.
Isaac Davis : Donnie, your analyst ? I call mine Dr.Chomsky, y'know, he hits me with a ruler.
Tracy : not everybody gets corrupted. You have to have a little faith in people.
Fiche technique
Manhattan
1979
Réalisation : Woody Allen
Distribution
Woody Allen : Isaac Davis
Diane Keaton : Mary Wilkie
Michael Murphy :Yale
Mariel Hemingway: Tracy
Meryl Streep : Jill
Anne Byrne : Emily
Karen Ludwig : Connie
Michael O'Donoghue : Dennis
Durée : 96 mn
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La fureur de vivre - 15-05-2007
Papa, tu me fous grave la teuhon avec ton tablier de gonzesse !
La famille Stark au grand complet - mère hystérique et omniprésente, père lâche et démissionnaire, perfide belle-maman et Jim (James Dean) le fils, solitaire et rebelle - débarque dans une nouvelle ville, bien décidée à y rester cette fois-ci.
Jim lie d'amitié avec Platon (Sal Mineo) quasi-orphelin élevé par une nourrice, et Judy (Natalie Wood), sa voisine dont les relations avec ses géniteurs ne sont pas des plus sereines.
Jim tente de se faire accepter par la redoutable bande de djeuns menée par Buzz, en se bagarrant au couteau à la sortie du planétarium (tar'ta gueule à la récré ?) puis acceptant son défi de s'affronter lors d'une imbécile et dangereuse course de voitures en haut d'une falaise...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
On a beau le tourner dans tous les sens, trouver que ça a drôlement vieilli, que ces jeunes n'ont pas l'air bien jeunes et qu'ils feraient piètre figure à côté des délinquants d'aujourd'hui, et bien, quand même, c'est un sacré film sur la rupture, l'impossible dialogue entre générations, la complexité des rapports paternels...
On aurait tort de ne retenir de ce film que la scène de la baston au couteau ou de la course de voitures, ou même la seule image de James Dean en blouson rouge sur son t-shirt blanc : tout au long du film, Jim se cherche désespérément un père, qu'il ne trouve pas.
En revanche, Jim devient quasiment chef d'une famille virtuelle et recomposée, faisant de Judy sa femme et adoptant dans le même temps Platon, paumé parmi les paumés, lui aussi en quête d'amour paternel.
Peu de scènes de jour : du coup la noirceur, les ombres, les magnifiques clairs-obscurs du planétarium rendent l'émotion encore plus forte, et tendent peut-être à aggraver encore la désolation du tragique tableau final.
Tout semble en effet rentrer dans l'ordre, mais à quel prix ?!
Anecdotes
A l'origine, la production pensait à Marlon Brando pour le rôle principal : finalement, Elia Kazan, qui venait de finir A l'Est d'Eden recommanda James Dean à Nicholas Ray pour incarner Jim Stark. A cet égard, Stark est l'anagramme de Trask, personnage que jouait James Dean dans A l'Est d'Eden.
Lorsque le film est sorti sur les écrans, James Dean était mort depuis un mois : d'ailleurs, il tourna dans seulement trois longs-métrages, les deux autres étant A l'Est d'Eden et Géant (tourné l'année de sa mort et qui sortira lui, un an après).
Denis Hopper fait dans ce film plus qu'une apparition, en jouant Goon, l'un des gars de la bande de Buzz.
La fameuse scène du combat au couteau a été réalisée avec de vraies armes blanches, pas du plastoc ou du fer blanc, du vrai qui coupe : il paraît qu'ils portaient un cotte de maille sous leurs manches pour se protéger.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Jim Stark : I don't know what to do anymore. Except maybe die.
Fiche technique
La fureur de vivre (Rebel without a cause)
1955
Réalisation : Nicholas Ray
Distribution
James Dean : Jim Stark
Natalie Wood : Judy
Jim Backus : le père de Jim
Ann Doran : la mère de Jim
Sal Mineo : Platon
Corey Allen : Buzz
Dennis Hopper : Goon
Rochelle Hudson : la mère de Judy
William Hopper : le père de Judy
Virginia Brissac : la grand-mère de Jim
Nick Adams : Moose
Jack Simmons : Cookie
Durée : 107 mn
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L'inconnu du Nord-Express - 07-05-2007
Oups, mince alors, j'ai fait tomber mon briquet !
Guy Haines (Farley Granger), un champion de tennis bien propre sur lui rencontre un type dans un train, Bruno Anthony (Robert Walker). Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que le type en question, psychopathe sur les bords, lui propose un lugubre marché : un échange de meurtres se résumant à "j'bute ta gonzesse qui t'encombre et tu me débarrasses de mon vieux que j'abhorre" !
Le tennisman ne prend pas cette proposition au sérieux.
Pourtant sa femme Miriam va être étranglée peu de temps après.
Les ennuis de Guy vont commencer...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Tous les Hitchcock ne se valent pas, assurément : mais celui-ci, un poil moins connu que certains autres mérite une (ou même plusieurs) vision(s) attentive(s).
Pour sa lumière et ses superbes scènes nocturnes, qu'il s'agisse de la ville, éclairée à la lumière des réverbères, ou de la fête foraine, presque trop gaie pour être fréquentable...
Pour son casting, rassemblant des acteurs qui, sans être des superstars, incarnent à la perfection leurs personnages : qu'il s'agisse de Farley Granger avec sa tête d'ange brun, de jeune premier, pas exempt d'ambiguïtés, mais finalement assez courageux, en tout cas suffisamment pour sauver sa peau, ou de Robert Walker, oisif, névrosé jusqu'au trognon, sacrément psychopathe, implacablement méchant mais au bout du compte assez attachant. Une mention spéciale à Patricia Hitchcock, petite soeur binoclarde, dévouée, intelligente et intransigeante, à la langue drôlement bien pendue.
Pour ses scènes d'anthologie, son rythme endiablé et son suspense haletant : les paires de pieds qui se rencontrent au début dans le train, le meurtre se reflétant dans les lunettes tombées par terre, le match de tennis qui n'en finit pas, pendant que le briquet tombe dans une bouche d'égout, la scène finale avec la bagarre sur un manège qui s'est emballé.
Anecdotes
Pour la scène où Bruno farfouille pour récupérer le fameux briquet, c'est Hitchcock en personne qui a choisi les détritus qui jonchent le sol.
Le film est adapté d'un roman de Patricia Highsmith, dont Hitchcock acheta les droits anonymement pour en faire baisser le prix : il put ainsi les acquérir pour 7500 dollars, soit pas grand chose, paraît-il.
La scène où le type rampe sous le manège pour aller le stopper ne fut pas truquée : Hitchcock estima que cette cascade fut la plus risquée de toute sa carrière de réalisateur.
Quand le film fut distribué en Allemagne en 1952, certaines séquences jugées cruelles et violents, furent coupées (5 mn environ) : plus tard, ces scènes furent restaurées dans la version télévisée et sous-titrées, alors que le reste du film était doublé.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Senator Morton : poor unfortunate girl.
Barbara Morton : she was a tramp.
Senator Morton : she was a human being. Let me remind you that even the most unworthy of us has a right to life and the pursuit of happiness.
Barbara Morton : from what I hear she pursued it in all directions.
Fiche technique
L'inconnu du Nord-Express (Strangers on a train)
1951
Réalisation : Alfred Hitchcock
Distribution
Farley Granger : Guy Haines
Ruth Roman : Anne Morton
Robert Walker : Bruno Antony
Marion Lorne : Madame Antony
Leo G. Carroll : le sénateur Morton
Patricia Hitchcock : Barbara Morton
Jonathan Hale : Mr. Antony
Laura Elliott : Miriam Joyce Haines
Howard Saint-John : le capitaine Turley
Norma Varden : Mrs. Cunningham
John Brown : le professeur Collins
Robert Gist : Leslie Hennessy
Durée : 100 mn
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Cabaret - 27-04-2007
Ich bin ein Berliner ?!
1930. Brian Roberts débarque de son Angleterre natale dans un Berlin en voie de désintégration. Il y fait la connaissance de Sally Bowles, une américaine ô combien délurée, qui chante et danse au Kit Kat Club -entre autres activités épanouissantes-, sous la houlette du déjanté Maître de cérémonies. Pendant ce temps, Brian donne des leçons d'anglais et poursuit son apprentissage du germain.
Sally et Brian deviennent amis et plus si affinités, font la connaissance de divers énergumènes, plus ou moins louches, plus ou moins honnêtes, dont Max, un playboy fortuné, qui les séduit tous les deux et les plante là, après leur avoir fait entrevoir monts et merveilles.
Sally, enceinte d'elle ne sait pas qui (et nous non plus d'ailleurs), pourrait partir vivre tranquillement à Cambridge sur le campus, avec Brian, qui lui propose aussi de se marier... bof... cette perspective ne l'enchante guère, elle qui aspire à devenir une actrice, et grande tant qu'à faire...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Flm musical s'il en est, Cabaret se voit. Et se revoit.
Pour les numéros et les chansons, qu'on se chante ensuite, des airs presque entêtants.
Mais pas que.
Cabaret est aussi un film d'ambiance, qui se déroule dans une ville en pleine déliquescence. Certes, il s'agit du décor, de la toile de fond, mais ce Berlin au bord du gouffre s'insinue souvent sur le devant de la scène, et vampirise les personnages. Il imprime sa sombre marque dans les numéros du Kit Kat Club.
Bien que le film soit musical, il est curieusement et paradoxalement ponctué de scènes de chuchotements, voire de silences, comme par exemple celle, très jolie, d'un baiser léger et assez chaste de Sally et Brian, en gros plan, de profil et tête bêche.
La violence est omniprésente et filmée sans concession, toujours sur fond musical, que ce soit quand le patron du club se fait tabasser à mort par des nazis vengeurs, ou cette fête champêtre qui se transforme en rassemblement nationaliste : un chant, assez suave et innocent au début, tourne ensuite à l'aigre, la haine se lisant sur les visages de (presque) tous ceux qui sont là et reprennent en choeur le refrain avec conviction.
Décadence, cynisme, désespoir, mélancolie...
Peu de lumière au bout du compte pour tous ces paumés fragiles et tordus, avec cette fin qui laisse entrevoir une suite tragique, un cataclysme.
Un film musical dans un contexte de chaos à venir : il fallait oser quand même...
Bob Fosse l'a fait, épaulé par un casting grand luxe.
Alors, oui, "Wilkommen, Bienvenue, Welcome", entrez au cabaret, que le spectacle commence, et qu'il continue !
Anecdotes
8 Oscars, rien que ça, ont récompensé ce film : meilleure actrice pour Liza Minnelli, meilleur second rôle masculin pour Joel Grey, meilleure mise en scène pour Bob Fosse. Les décors, la photographie, le montage, le son et la musique ont reçu également chacun un Oscar.
C'est Liza Minnelli en personne qui conçu sa coiffure et son maquillage, avec l'aide de son célbressime père, Vincente, est-il besoin de le présenter.
Gene Kelly et Billy Wilder déclinèrent la proposition de réaliser le film, que Bob Fosse lui, accepta.
Dans la version "originale", celle qui fut jouée au théâtre à Broadway, l'écrivain est américain et la chanteuse anglaise.
Au début du film, une étrange et inquiétante femme fumant une cigarette apparaît furtivement assise au fond du Cabaret : elle est inspirée d'un tableau expressionniste allemand de Otto Dix, le Portrait de Sylvia von Harden.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Sally : I suppose you're wondering what I'm doing, working at a place like the Kit Kat Club.
Brian Roberts : well, it is a rather unusual place.
Sally : that's me, darling. Unusual places, unusual love affairs. I am a most strange and extraordinary person.
Fiche technique
Cabaret
1972
Réalisation (et chorégraphie) : Bob Fosse
Distribution
Liza Minnelli : Sally Bowles
Michael York : Brian Roberts
Helmut Griem : Maximilian von Heune
Marisa Berenson : Natalia Landauer
Fritz Wepper : Fritz Wendel
Joel Grey : Le maître de cérémonie
Helen Vita : Fraulein Kost
Ralf Wolter : Herr Ludwig
Gerd Vespermann : Bobby
Sigrid Von Richtofen : Fraulein Maur
Elisabeth Neumann-Viertel : Fraulein Schneider
Georg Hartmann : Willi
Durée : 124 mn
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La nuit de l'iguane - 20-04-2007
Ouhlala, quelle touffeur !
Quand un pasteur alcoolique défroqué se reconvertit (...), que peut-il bien faire de sa nouvelle vie ?
Guide touristique !
C'est la voie, presque impénétrable, qu'a suivie Larry Shannon. Il chapeaute ainsi des américaines assez vieilles et très névrosées en mal d'aventures dans un Mexique junglesque, moite et surchauffé.
Sur son chemin, il va ainsi faire la connaissance d'une nymphette aguicheuse, chaperonnée par une bigotte hystérique, probablement jalouse de ne pas être l'objet de la drague intempestive du bonhomme, d'une femme fatale en diable et d'une artiste bohème...
Ambiance, ambiance...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Adapté d'une pièce de Tennesse Williams, ce film n'est pas des plus légers, loin s'en faut... tension, moiteur, frustrations, rancoeurs, jalousie... l'atmosphère est étouffante, pesante, entêtante, envoûtante, glauque.
Les acteurs sont des bêtes de scène, des monstres sacrés : ça plaît ou ça insupporte car on peut n'y voir que sur-jeu hystérique, mais ce qui est sûr, c'est que ça ne laisse pas indifférent. Richard Burton a l'air d'un vrai cinglé, suant l'alcool par tous ses pores, débordant de cynisme et de désespoir... Ava Gardner, qui prend des bains de minuit avec des gars musculeux, campe une espèce de bête indomptable...
C'est un rien lourdingue, Tennessee Williams n'ayant jamais prétendu faire dans la dentelle. Mais ça tient plus que la route.
Echec, alcool et petites pépées... tous les démons du prêtre décati se succèdent et s'entremêlent pour le ramener sans cesse à son destin miteux... mais le prêtre n'est pas le seul a être hanté : chacun y va de ses angoisses, trimballant son lot de casseroles, plus ou moins avouables.
Moderne et résolument anticonformiste, il faut le voir pour s'imprégner de ce quasi-huis clos tropical et angoissant. Et puis ne serait-ce aussi que pour le lieu où il fut tourné, Puerto Vallarta, devenu depuis une station balnéaire réputée de la côte Pacifique du Mexique.
Anecdotes
Les acteurs ne se supportaient pas : toutes ces fortes personnalités ont passé le plus clair du temps du tournage à se mettre sur la figure. D'ailleurs, au début du tournage, John Huston remit à chaque acteur un flingue en or, avec 5 balles gravées du nom de chacun d'entre eux.
Ava Gardner changea de son propre chef une de ses répliques : "In a pig's eye, you are !", devint ainsi "In a pig's ass, you are !", à la grande satisfaction du réalisateur et de toute l'équipe.
Ces messieurs-dames furent bien gourmands : presque la moitié du budget de production du film fut consacrée aux cachets, faramineux des trois têtes d'affiche.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, z'avez qu'à traduire)
Hannah Jelkes : there are worse things than chastity, Mr. Shannon.
Lawrence Shannon : yes : lunacy and death !
Fiche technique
La nuit de l'iguane (the Night of the Iguana) 1964
Réalisation : John Huston
Distribution
Richard Burton : Le révérend T. Lawrence Shannon
Ava Gardner : Maxine Faulk
Deborah Kerr : Hannah Jelkes
Sue Lyon : Charlotte Goodall
James Ward : Hank Prosner
Mary Boylan : Miss Peebles
Skip Ward : Hank Prosner
Grayson Hall : Judith Fellowes
Cyril Delevanti : Nonno
Gladys Hill : Mlle Dexter
Durée : 116 mn
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La prisonnière du désert - 03-04-2007
Pan, pan, t'es mort !
Tout commence au Texas en 1868.
Le ranch d'Aaron Edwards est pris d'assaut par des Comanches pas très gentils.
Aaron, sa femme et son fils se font occire, mais Lucy et Debbie les deux filles disparaissent. Ethan, un dur de dur, le frère d'Aaron part à leur recherche flanqué de Martin Pawler et de Brad Jorgensen. Le cas de Lucy est rapidement élucidé, puisqu'ils retrouvent son cadavre dans un canyon. Debbie, quant à elle ne sera retrouvée que bien plus tard, devenue une vraie squaw (ou presque).
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce qu'un petit western en technicolor, ça ne peut faire de mal à personne ! Et oui, car tous les ingrédients du western authentique y sont : cow-boys pas spécialement débonnaires, cavalerie, bastons en tout genre, indiens patibulaires avec leurs trucs en plume, femmes un rien hystériques, mais qui ne rechignent pas à la tâche...
Ethan, solidement campé par John Wayne, est un personnage ambigü, un vrai guerrier, un gars qui en a vu des vertes et des pas mûres, et qui a également trempé dans des trucs louches. Il a sûrement tué des gens pour pas grand-chose. Il est aussi misanthrope et raciste : les indiens lui sortent littéralement par les yeux. Au point d'en déshériter dans un premier temps sa nièce lorsqu'il découvre ce que les Comanches en ont fait...Et puis il connaît (temporairement ?) la rédemption en ramenant sa nièce saine et sauve, alors que son premier réflexe avait été une furieuse envie de la buter froidement (car assimilée Comanche).
La vision des Indiens n'est pas flatteuse : Ford les filme comme des guerriers rusés, cruels et (quasiment) sans pitié. Bref, des brutes sanguinaires à qui il est hors de question de se fier, et dont il faut se débarrasser sans façons.
Il faut tenir jusqu'au bout, ce qui n'est pas difficile, car il n'y a pas de longueur dans le film, ne serait-ce que pour voir le superbe plan de la fin avec la porte qui se referme sur John Wayne, qui tourne le dos à la caméra. Mercenaire errant, il repart, on ne sait pas trop où...
Et puis franchement, ça donnerait presque envie d'aller camper au bord de l'eau à Monument Valley !
Anecdotes
A l'instar de la Petite maison dans la prairie, c'est un fait réel qui inspira le scénario : une petite fille, kidnappée en 1836 au Texas par des Comanches, devint femme de chef, fut retrouvée bien des années après son enlèvement et ramenée de force dans sa famille.
C'est Lana Wood, la soeur de Natalie Wood dans la vraie vie, qui incarnait Debbie Edwards jeune. Natalie Wood joua elle, la Debbie de la fin, celle qu'Ethan ramène chez les siens.
Le gars qui joue le tout jeune Lieutenant Greenhill n'est autre que Patrick Wayne, le fils de John !
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, z'avez qu'à traduire)
Ethan : What you saw wasn't Lucy.
Brad : But it was, I tell you!
Ethan : What you saw was a buck wearin' Lucy's dress. I found Lucy back in the canyon. Wrapped her in my coat, buried her with my own hands. I thought it best to keep it from ya.
Brad : Did they...? Was she...?
Ethan : What do you want me to do? Draw you a picture? Spell it out? Don't ever ask me! Long as you live, don't ever ask me more.
Fiche technique
La prisonnière du désert (The Searchers)
Réalisation : John Ford
1956
Distribution
John Wayne : Ethan Edwards
Jeffrey Hunter : Martin Pawley
Vera Miles : Laurie Jorgensen
Ward Bond : le capitaine révérend Samuel Clayton
Natalie Wood : Debbie Edwards
John Qualen : Lars Jorgensen
Olive Golden (aka Olive Carey) : Mrs. Jorgensen
Harry Carey Jr : Brad Jorgensen
Henry Brandon : le chef Scar
Ken Curtis : Charlie McCorry
Antonio Moreno : Emilio Figueroa
Hank Worden : Mose Harper
Lana Wood : Debbie enfant
Durée : 119 mn
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La grande illusion - 25-03-2007
Et aussi la grande évasion...
Première guerre mondiale. L'avion de deux officiers français, le capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay), un aristo top classe et le lieutenant Maréchal (Jean Gabin), un titi parisien gouailleur et mécano dans le civil, est abattu par les hommes du commandant von Rauffenstein (Erich von Stroheim). Guerre obligeant, ils sont transférés dans un camp de prisonniers où ils font connaissance avec d'autres compagnons d'infortune, dont Rosenthal (Marcel Dalio), juif et fils de famille fortunée. Là, ils essaient de s'évader, mais leur plan échoue, puisqu'ils sont transférés dans une autre prison, précisément une forteresse, commmandée par Von Rauffenstein, qui soigne son artistocratie aussi bien que son unique géranium.
Se noue une relation étrange, presque amicale entre les deux gars à particule, tandis que Maréchal et Rosenthal peaufinent, avec l'aide de Boëldieu, un plan d'évasion.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce que c'est un splendide film sur la guerre : pas vraiment un film de guerre, justement, mais un film qui montre la fragilité, l'ambiguïté, l'ambivalence des rapports humains pendant la guerre.
Il y est question de fraternisation, entre classes sociales, mais aussi entre les peuples : ceci, ajouté au caractère éminemment pacifiste du film mis en avant par Renoir, fit d'ailleurs assez logiquement que le film fut ensuite interdit pendant la guerre.
Parce que des Anglais y entonnent une Marseillaise d'anthologie : on le sait, aucun anglais, fût-il soldat de sa Majesté, n'est probablement capable de la chanter. Mais qu'importe, c'est émouvant, c'est tout.
Parce que, à travers des petits gestes furtifs, des regards, quasi volés par la caméra, on sent l'attachement, peut-être de circonstance, qu'il y a entre ces hommes prisonniers, si différents les uns des autres, mais obligés de se serrer les coudes.
Pas de manichéisme, pas d'héroïsme forcené, peu de caricature, si ce n'est un certain regard sur une artistocratie en voie d'extinction : c'est aussi ce qui fait la force de ce film, plein de paradoxes, partagé jusqu'à sa dernière image, entre noirceur et espoir.
Anecdotes
Il paraît que Erich von Stroheim, pourtant né en Autriche, avait du mal à parler allemand, sa langue maternelle, qu'il ne pratiquait plus depuis qu'il avait émigré aux Etats-Unis.
Il paraît aussi que le scénario d'origine prévoyait une séquence finale supplémentaire : Maréchal et Rosenthal, se séparaient en se donnant rendez-vous à Paris, dans un grand restaurant pour fêter leur évasion. Le jour J, les deux chaises restaient inoccupées, sans qu'on sache le pourquoi du comment.
La petite fille qui joue Lotte ne vit jamais le film : elle mourut avant que celui-ci soit sur les écrans.
Une petite citation, pour le plaisir
Capitaine de Boëldieu : d'un côté des enfants qui jouent aux soldats, et de l'autre, des soldats qui jouent comme des enfants !
Fiche technique
La grande illusion (1937)
Réalisation : Jean Renoir
Distribution
Jean Gabin : lieutenant Maréchal
Marcel Dalio : lieutenant Rosenthal
Pierre Fresnay : capitaine de Boëldieu
Erich von Stroheim : capitaine von Rauffenstein puis commandant von Rauffenstein
Dita Parlo : Elsa
Julien Carette : Cartier
Gaston Modot : ingénieur au cadastre
Jean Dasté : instituteur
Durée : 113 mn
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Chantons sous la pluie - 17-03-2007
Gene Kelly au sommet de son art, et de son lampadaire
Le train-train du succès pour Lina Lamont (Jean Hagen) et Don Lockwood (Gene Kelly), stars absolues du cinéma muet, se met à dérailler avec l'arrivée du cinéma parlant. Et oui, on est en 1927, les temps changent : il va falloir s'adapter, sous peine d'être remisés au rang des dinosaures gesticulants.
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce que le passage du cinéma parlant au cinéma muet est un bon prétexte pour quelques situations rigolotes : il n'y a pas d'approche scientifique ni de volonté particulière de reconsitution historique fidèle, mais clairement une intention de montrer l'ambiance qui régnait à l'époque (fin des années 20) en distillant ça et là quelques anecdotes pas piquées des hannetons (voix hideuses des acteurs-trices, problèmes de prise de son, difficultés avec les micros et les fils...).
Parce que c'est LA comédie musicale par excellence : on passe ainsi sans coup férir de scènes parlées, où les répliques sont toutes des petits bijoux d'humour et d'ironie, à des numéros hallucinants en solo, en duo, en trio, voire plus si affinités...
C'est la loi du genre : on cause, on chante et on danse, on recause, on rechante et on redanse... mais il n'y a aucune lourdeur dans les enchainements.
Personnellement, j'ai un faible pour "Moses", pas juste pour son woopeedoodeedoodeedoo introductif, mais parce que chorégraphiquement, c'est proprement hallucinant et totalement déjanté.
Parce que Cyd Charisse y fait une apparition époustouflante : plus sexy, franchement, tu meurs, tellement qu'elle ondule lascivement et suggestivement du popotin dans sa robe verte... A noter aussi que Jean Hagen, qui joue parfaitement et non sans humour la ravissante idiote qui se fie aux ragots sur sa propre vie privée étalés dans les tabloïds, était une grande actrice de théâtre : elle fut d'ailleurs nominée pour l'Oscar du meilleur second rôle.
Evidemment, Gene Kelly assure grave : précis, virevoltant et viril, il forme un duo parfait avec Donald O'Connor, plus gracile, délirant et clownesque. A deux, ils ferraillent comme des malades !
Pour un peu, on se mettrait à faire des claquettes ou à sortir son parapluie, (pourtant dieu sait si c'est emmerdant la pluie).
Finalement, ce film est un genre d'anti-dépresseur, sans accoutumance nocive : on peut en user et en abuser !
Anecdotes
Le scénario a été écrit après les chansons : il a donc fallu trouver une intrigue qui colle avec...
Gene Kelly avait une fièvre de cheval quand il tourna la scène sous la flotte, flotte qui était d'ailleurs un mélange d'eau et de lait pour qu'on la voie mieux à l'écran, et qui fit rétrécir incroyablement son costard.
Le truc rigolo c'est que dans l'intrigue, Kathy Selden doit doubler Lina Lamont, qui disons, dans le film, n'a pas la voix de son physique : en réalité, Debbie Reynolds fut elle-même doublée pour certaines chansons ("Would you" et "You are my lucky star").
Au moment du tournage, Debbie Reynolds, qui avait seulement 19 ans, vivait chez ses parents et venait bosser tous les jours en bus.
Une petite citation, pour le plaisir
Don Lockwood : Cosmo, call me a cab !
Cosmo Brown: OK, you're a cab.
Fiche technique
Chantons sous la pluie (Singin' in the rain)
1952
Réalisation : Stanley Donen et Gene Kelly
Distribution
Gene Kelly : Don Lockwood
Donald O'Connor : Cosmo Brown
Debbie Reynolds : Kathy Selden
Jean Hagen : Lina Lamont
Millard Mitchell : R.F. Simpson
Cyd Charisse : Dancer
Douglas Fowley : Roscoe Dexter
Rita Moreno : Zelda Zanders
103 mn
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The Shop around the corner - 09-03-2007
T'aurais pas un pengo à me prêter ?
Alfred Kralik (James Stewart), est un super vendeur en chef dans une maroquinerie
florissante de Budapest, Matuschek & Co. Célibataire, il entretient une relation épistolaire avec une inconnue, dont il est tombé amoureux.
Contre son avis, le patron M. Matuschek, embauche une nouvelle employée, Klara Novak. Entre Klara et Alfred, le courant ne passera pas : ils vont d'ailleurs passer le plus clair de leur temps à se chamailler, tandis que la petite vie de la boutique suit son cours pas toujours tranquille...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce que, comme toute brillante comédie qui se respecte, le ton y est toujours juste. Pas d'eau de rose, ni de grotesque, au contraire. Du pétillant, du subtil, du sensible, du sincère.
Parce que l'interprétation est parfaite : pas seulement celle des deux personnages principaux mordants et tellement modernes, mais aussi, comme souvent dans ces géniales comédies, celle des seconds rôles qui donnent encore plus de volume au tout.
Parce que l'intrigue y est merveilleusement ficelée : il y a zéro temps mort, tout s'enchaîne avec brio et pour un peu, on s'y croirait presque !
Et pourtant, les décors sont simplissimes, il n'y a pas d'effets spéciaux, ni de portes qui claquent. Quelques éclats de voix de temps en temps, quand le patron pique sa gueulante (mais il attend toujours que les clients soient sortis du magasin...).
C'est sûr, on nage en plein vaudeville et c'est bien normal, puisque le film est l'adaptation d'une pièce de théâtre : mais la romance naissante avec ses cachotteries et ses quiproquos est un prétexte, car Lubitsch excelle à dresser le portrait du petit monde virevoltant qui fait tourner la boutique.
Les personnages, du coursier de base au big boss qui règne en père de famille exigeant et soupe au lait sur ses employés, sont ainsi décrits avec minutie, précision et dérision. Tout y est : les désirs d'ascension professionnelles et les frustrations qui vont avec, les rivalités et jalousies, les problèmes d'argent, les complicités... Lubitsch croque avec délectation et humanité cette petite équipe de travailleurs !
C'est un joli film sur la solitude, avec en toile de fond un contexte social pas folichon, dans un Budapest de boulevard où l'on parle anglais : et pourtant, on garde le sourire !
C'est tout ça à la fois la Lubitsch touch !
Anecdotes
Ernst Lubitsch, en attendant que les deux acteurs vedettes soient disponibles, tourna "Ninotchka", rien que ça !
Un remake, dont on aurait pu se passer, a été réalisé en 1998 par Nora Ephron, avec Tom Hanks et Meg Ryan : il n'arrive pas à la cheville de l'original.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Alfred Kralik : there might be a lot we don't know about each other. You know, people seldom go to the trouble of scratching the surface of things to find the inner truth.
Klara Novak (Miss Novak): well I really wouldn't care to scratch your surface, Mr. Kralik, because I know exactly what I'd find. Instead of a heart, a hand-bag. Instead of a soul, a suitcase. And instead of an intellect, a cigarette lighter... which doesn't work.
Fiche technique
The Shop around the corner
1940
Réalisation : Ernst Lubitsch
Distribution
Margaret Sullavan : Klara Novak
James Stewart : Alfred Kralik
Frank Morgan : Hugo Matuschek
Joseph Schildkraut : Ferencz Vadas
Sara Haden : Flora Kaczek
Felix Bressart : Pirovitch
William Tracy : Pepi Katona
Inez Courtney : Ilona Novotny
Durée : 99 mn
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Autant en emporte le vent - 02-03-2007
Moi aussi, je veux me confectionner une robe avec mes doubles rideaux en velours (mais pas verte)
Tout commence en 1861 au coeur de la Georgie, bastion sudiste pour le moins.
Les O'Hara sont de prospère planteurs de coton, sur leur domaine de Tara. Scarlett (Vivien Leigh) est l'une des filles O'Hara : tous les gars du coin en pincent pour elle, qui n'en a cure, puisqu'elle a jeté son dévolu sur Ashley Wilkes (Leslie Howard).
Ashley est un gars honnête et droit, pas bien courageux, sacrément pisse-froid, et surtout, il va se marier avec Melanie Hamilton (Olivia de Haviland), la cousine de Scarlett, un peu nunuche mais fondamentalement bonne fille.
Scarlett n'a qu'une idée en tête : séduire Ashley, qui voudrait bien au fond, mais qui ne peut point, car il en irait de son honneur, et ça, de l'honneur, il en a à renvendre, non mais.
Lors d'un estival pique-nique donné aux Douze Chênes, la propriété des Wilkes, surgit d'on ne sait où Rhett Butler (Clark Gable), qui traîne une réputation sulfureuse, mais qui va tomber raide amoureux de Scarlett.
Puis la guerre de Sécession éclate.
Et après, rien ne sera plus pareil...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?
Parce que les minaudages de Vivien Leigh, castée alors que le tournage du film était déjà commencé, sont certes agaçants, mais entrés dans la légende. Elle est un rien ridicule dans ses corsets et ses robes sudistes qui ressemblent parfois à des meringues, mais elle a aussi un sacré tempérament, ce qui ne la rend d'ailleurs pas excessivement sympathique et attachante ! Tout au long du film, on se demande ce qu'elle lui trouve, à Ashley : on préfèrerait qu'elle lui lâche la grappe et qu'elle se concentre sur Rhett.
Parce que Clark Gable a beau être désuet avec ses jeux de sourcils et sa moustache, lui aussi est fascinant : cynique jusqu'au trognon, mais homme de coeur, il ne montrera jamais qu'il est fou de Scarlett.
Parce qu'il s'agit très clairement d'un film sur l'opportunisme et l'égoïsme.
Parce que la guerre de Sécession n'est pas qu'une toile de fond : elle ravage des vies, et change brutalement la face de tout ce petit monde.
Parce que finalement, c'est aussi un film sur les amours contrariées et la dévastation, la trahison, l'honneur et le mensonge.
Alors oui, c'est culcul, ça froufroute beaucoup (robes, jupons, etc), ça pleure et ça crie, c'est long (le DVD se retourne, c'est dire...) mais rien que pour apprendre les danses sudistes et pour se convaincre, si on en avait besoin, que le cheval c'est dangereux, il FAUT le voir !
Anecdotes
Avec un budget de presque 4 millions de dollars, le film reste d'un des plus chers de l'histoire du cinéma. Les recettes furent elles aussi colossales : 20 millions de dollars !
Au départ, Gary Cooper était pressenti pour le rôle de Rhett. Mais d'emblée, il détesta ce personnage et prédit que le film ferait un flop retentissant, tout ravi qu'il était que ce soit Clark Gable à qui revienne la corvée d'incarner ce minable de Rhett...
George Cukor faisait partie de l'équipe de réalisation initiale, mais il fut évincé par Clark Gable, qui ne pouvait pas le sentir. Cette éviction chagrina beaucoup Vivien Leigh et Olivia de Haviland : il resta leur coach, les aidant notamment à passer outre leur relation difficile avec Victor Fleming. Cukor avant d'être remercié tourna 33 minutes de film, dont 17 ont été conservées au montage.
Hattie McDaniel, 1ère actrice noire à obtenir un Oscar à Hollywood (celui du meilleur second rôle) ne put, à cause des lois raciales de l'époque, aller assister à la première à Atlanta. Pour ne mettre personne dans l'embarras, elle déclina poliment l'invitation (du genre, j'ai piscine...), ce qui mit Clark Gable en rage, au point qu'il faillit boycotter la cérémonie.
Clark Gable dansait comme un pied : pour faire comme si, il joua les scènes de bal juché sur une planche à roulettes.
Vivien Leigh raconta qu'elle fumait 4 paquets de cigarettes par jour pendant le tournage.
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Rhett Butler : a cat's a better mother than you !
Scarlett: Rhett... if you go, where shall I go, what shall I do?
Rhett Butler: Frankly, my dear, I don't give a damn !
Fiche technique
Autant en emporte le vent (Gone with the wind)
1939
Réalisation : Victor Fleming
Distribution
Vivien Leigh : Scarlett O'Hara
Clark Gable : Rhett Butler
Leslie Howard : Ashley Wilkes
Olivia de Havilland : Melanie Hamilton
Hattie McDaniel : Mammy
Thomas Mitchell : Gerald O'Hara
Barbara O'Neil : Ellen O'Hara
Evelyn Keyes : Suellen O'Hara
Ann Rutherford : Carreen O'Hara
Oscar Polk : Pork
Everett Brown : Grand Sam
Durée : 222 mn
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La vie est belle - 23-02-2007
Si tu ne crois pas au Père Noël, essaie les anges pour voir...
Veille de Noël 1945, Bedford Falls, un trou paumé que personne ne connaît.
Toute la ville (ou presque) prie pour George Bailey, qui semble être dans une sacrée panade.
Les prières sont exaucées puisqu'on lui envoie un ange gardien. Enfin, pas un vrai ange-gardien tout équipé, non, non : c'est Clarence Oddbody, ancien horloger et ange de seconde classe de son état, qui est choisi. S'il fait ses preuves en sauvant George, alors, cette fois, il les aura ses ailes, et pour de bond.
Clarence doit d'abord savoir qui est George : donc, on repart du début. On comprend que son truc au petit George, c'est de devenir explorateur, mais aussi de faire le bien autour de lui, et ce naturellement, sans réfléchir.
De fil en aiguille, d'imprévus en imprévus, tout le ramène sans cesse à Bedford Falls. En fait, les autres partent, et lui, reste, succédant à son père à la tête d'une banque plutôt philantropique, et se cognant la difficile relation avec M. Potter, avide et machiavélique homme d'affaires...
Clarence va devoir convaincre George que sa vie n'est pas qu'une succession ininterrompue d'échecs, et que justement la vie, sa vie, ben, elle est vachement belle...
Pourquoi voir ou revoir ce film ?Parce qu'on passe sans cesse du rire aux larmes, de l'ombre à la lumière. Alors, oui, il y a des côtés nunuches, des scènes qui font pleurer à gros bouillons, mais aussi des moments de franche rigolade.
Parce que James Stewart, en George Bailey qui se sacrifie pendant toute sa vie pour les autres, est incroyable de subtilité et de nuances (et ce, bien qu'il chante comme une casserole et danse avec une attendrissante gaucherie).
De la sensiblerie peut-être (et encore, faut voir), mais pas de mièvrerie, ni de de bons sentiments qui débordent, contrairement aux apparences : car il y a aussi dans tout ça un évident côté tragique, une vraie noirceur. On se prend à s'interroger sur sa propre vie, son oeuvre et tout et tout...
Finalement, cette histoire d'ange un peu niais, dont on se demande même s'il n'est pas carrément neuneu est juste grandiose, servie par des répliques qui fusent à la vitesse de l'éclair et des seconds rôles, enfants compris, magistraux.
AnecdotesLe corbeau s'appelle Jimmy : il apparaît dans tous les films de Capra.
Exit les chutes de neige en corn-flakes peints en blanc : Capra trouvait ce procédé couramment utilisé jusqu'alors trop bruyant (c'est vrai que des milliers de pétales de maïs qui tombent par terre, ça peut faire du boucan)et décida d'utiliser de la neige carbonique. Il en utilisa des caisses pour ce film et cette nouvelle technique fut d'ailleurs primée aux Oscars.
La ville de Bedford Falls est l'un des plus grands décors construits en studio : 75 boutiques, immeubles et maisons, plusieurs quartiers, une rue principale de 275 mètres de long, le tout couvrant une surface de 16 000 mètres carrés !
Une petite citation, pour le plaisir (en VO, zavez qu'à traduire)
Man on Porch: Why don't you kiss her instead of talking her to death?
George Bailey: You want me to kiss her, huh?
Man on Porch: Ah, youth is wasted on the wrong people !
Fiche technique
La Vie est belle (It's A Wonderful Life)
1946
Réalisation : Frank Capra
Distribution :
James Stewart : George Bailey
Donna Reed : Mary Hatch Bailey
Lionel Barrymore : Mr Potter
Thomas Mitchell : Uncle Billy
Henry Travers : Clarence
Beulah Bondi : Ma Bailey
Ward Bond : Officer Bert
Gloria Grahame : Violet Bick
Durée : 130 mn


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Date 2008-04-03 | Hits 1
